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Lectures, analyses et réflexions de Raphaël
24 décembre 2010

La France, la Côte d'Ivoire et le "Président démocratiquement élu"

                       La France, la Côte d'ivoire

                                              et

         « le Président démocratiquement élu »

 

 

Abidjan_Plateau« Le Président démocratiquement élu » est le slogan que le gouvernement français a fait passer à toute la presse française pour parler d'Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire. Et quand les journalistes doivent parler de Laurent Gbagbo, ils doivent dire qu'il s'accroche au pouvoir. Mais quand j'expose la situation en suivant les faits, tous mes compatriotes français qui disent ne rien comprendre à ce qui se passe là-bas concluent qu'on leur ment. Allez savoir pourquoi je suis plus crédible que les journalistes français.

 

            Voilà simplement ce que j'expose à tous ceux qui me demandent « mais qu'est-ce qui se passe là-bas ? » Ma réponse est la suivante : la Côte d'Ivoire est coupée en deux militairement et administrativement. N'oubliez pas que le pays se limite à la zone sud depuis huit ans. Personne ne sait ce qui se passe dans la partie nord tenue par les rebelles armés. Lors de l'organisation des élections présidentielles, des urnes achetées à grand frais ont été envoyées là-bas accompagnées d'observateurs africains. Les urnes sont revenues au siège de la Commission indépendante ainsi que celles de la zone sud tenue par les loyalistes. Dans leur rapport remis à la CEI et diffusé sur la télévision ivoirienne, les observateurs africains ont conclu que les votes se sont déroulés dans le Nord dans des conditions « injustes » et anti-démocratiques avec des détails précis justifiant leurs conclusions.

 

            Voilà donc la CEI (commission électorale indépendante) mise au pied du mur. Faut-il invalider les votes des bureaux du nord entachés de fraudes  ou d'irrégularités comme un ou deux bureaux l'ont été dans le sud ? Vu l'ampleur des votes litigieux du nord, les membres de la CEI (à 76% RDR et PDCI, mais cela, je ne le dis pas) n'arrivent pas à se mettre d'accord pour prononcer les résultats provisoires. Résultats qui ne deviennent définitifs qu'une fois ayant obtenu le sceau du Conseil Constitutionnel après analyse des réclamations.

 

            Au bout du temps qui lui est imparti par la loi pour publier les résultats provisoires, les membres de la CEI ne sont toujours pas parvenus à un accord sur les votes du Nord à annuler et ceux à comptabiliser. Elle a donc passé le relais au Conseil Constitutionnel comme l'exige la loi. Mais, avant même que cette institution (dont le président est un partisan de Laurent Gbagbo, cela je ne le dis pas) ne se prononce sur le litige né avec les nombreux votes irréguliers venus du Nord, un des membres de la CEI a rejoint Alassane Ouattara dans son hôtel et quartier général de campagne et devant deux radios étrangères a prononcé, contre toute attente, les résultats que plus personne d'autre n'était habilité à prononcer sauf le Conseil Constitutionnel ! La France et l'Onu crièrent aussitôt à la victoire de l'opposant Alassane Ouattara. De son côté, le Conseil Constitutionnel, poursuivant la procédure suivant la loi du pays, prononcera les résultats définitifs favorables à Laurent Gbagbo après invalidation des votes litigieux venus du Nord.

 

            En votre âme et conscience, qui est le président démocratiquement élu ? Pour moi, la démocratie ne se mesure pas au nombre de bulletins se trouvant dans les urnes mais à la manière dont ils y sont entrés. Il convient aussi de retenir que la tâche d'un Conseil Constitutionnel n'est guère facile. Il suffit que les scores soient extrêmement serrés pour que les votes litigieux prennent une grande importance. Dès lors la décision du Conseil Constitutionnel ne peut qu’apparaître comme un favoritisme pour l'un et une injustice pour l'autre. Ce fut le cas aux Etats-Unis quand il a fallu trancher entre Georges Bush et Kerry que les bulletins de votes n’arrivaient pas à départager. Car la démocratie, c'est aussi savoir accepter les décisions des institutions de son pays même quand elles nous paraissent injustes. Malheureusement, on ne trouve pas sous tous les cieux des hommes respectueux des lois.

 

            Pour vous permettre de juger par vous-mêmes du degré des fraudes et autres formes de falsifications des résultats, je vous invite à taper sur Google les titres suivants pour accéder à quelques éléments d’informations : « Côte d’Ivoire – un avocat français dénonce » /  « Ce soir ou jamais » sur la Côte d’Ivoire / « Les intérêts économiques français menacés en Côte d’Ivoire : les explications de Philippe Evanno » / « Alcide Djédjé, ministre des affaires étrangères : le coup est orchestré par la France et les USA » (à écouter absolument) / « Me Cheik Koureyssi Ba, avocat au barreau de Dakar : la jeunesse africaine a fait son choix, c’est Gbagbo ».

 

            Entre tous les coups, celui que je trouve pendable, c’est le fait que les partisans d’Alassane Ouattara aient, au dernier moment, délibérément gonflé le taux de participation nationale (passé de70% à 80%, donc des milliers de voix supplémentaires imaginaires) pour donner aux scores annoncés à l’hôtel un semblant de crédibilité. Je serai de l’avis de l’avocat français qui s’exprime dans la première vidéo que je vous propose que l’on soumette à l’assemblée de l’ONU les procès verbaux de tous les votes litigieux. Mais ce serait là toucher à la souveraineté du conseil constitutionnel d’un pays.    

Raphaël ADJOBI

 

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